Projet de thèse de Najatbakhshe Nasrollah

Étude des « Quatre Préceptes Juridiques » (al-Ahkâm al-arba’a) en droit chiite

 Le droit chiite duodécimain comporte un chapitre particulier qui le distingue nettement des autres Écoles juridiques de l’islam. Ce chapitre est traditionnellement connu sous le nom des « Quatre Préceptes juridiques » (al-ahkâm al-arba’a). Il s’agit plus précisément de quatre pratiques collectives dont la mise en application devient problématique pendant ce que le chiisme appelle « la Période de l’Occultation » c’est-à-dire la période pendant laquelle le douzième et dernier Imam reste caché. Ces pratiques sont les suivantes : 1) la justice religieuse et les peines légales prévues par le Coran ; 2) les prières collectives ; 3) la guerre sainte (le jihâd ) ; 4) certaines taxes légales. En effet, selon les sources fondamentales du chiisme imamite, à savoir les plus anciennes compilations de traditions attribuées aux imams, l’application de ces pratiques collectives a besoin de la présence physique d’un Imam ou de quelqu’un nommément désigné par ce dernier pour être conforme aux fondements doctrinaux du chiisme.

 Le premier Précepte concerne la justice religieuse et les peines légales coraniques (hudûd). Selon le droit chiite ancien et les sources scripturaires duodécimaines, seul l’Imam peut désigner les juges et appliquer comme il se doit les peines prévues par le Coran selon les cas particuliers. Selon la tradition, le denier Imam entre dans l’Occultation définitive en l’an 329 de l’hégire/941 de l’ère chrétienne. A partir de cette date, l’Imam n’est plus visible et n’est plus physiquement présent ; il ne désigne personne comme son délégué et par conséquent il ne peut y avoir ni de juge religieux, ni de tribunal proprement religieux ni la possibilité d’appliquer de manière juste les peines coraniques.

  Le deuxième Précepte se réfère aux prières collectives de vendredi et des grandes fêtes religieuses du Sacrifice et de la fin du mois de Ramadan. Toujours selon les traditions des Imams, seul l’Imam peut désigner celui qui dirige les prières collectives. En l’absence de l’Imam, pas de directeur de la prière collective et donc pas de prières collectives pour les Chiites.

   Le troisième Précepte concerne la guerre sainte. Là encore, selon les compilations de hadith-s des Imams, seul un Imam infaillible peut déclarer le jihâd au nom de Dieu. Dans son absence, la déclaration de toute guerre sainte devient impossible. Il peut y avoir la guerre mais elle n’est pas sainte dans le sens qu’elle ne peut être menée au nom de Dieu et que ceux qui y tombent ne peuvent pas être considérés comme des martyrs. Avec le temps une distinction sera faite entre une guerre sainte offensive déclarée interdite e l’absence de l’Imam et une guerre sainte défensive, obligatoire dans la cas d’une attaque subie par les Chiites.

  Enfin, le quatrième Précepte concerne la collecte de certaines taxes religieuses, en l’occurrence l’impôt foncier (kharâj) et le quint (khums). Selon les enseignements des Imams, seul un Imam infaillible ou une personne nommément désignée par lui peut collecter ces deux taxes religieuses auprès des croyants. L’Imam n’est plus visible, il ne peut désigner personne comme son représentant et donc la collecte de ces taxes devient impossible.

  Ainsi, ces quatre pratiques sont, selon l’expression juridique consacrée, « en suspens » (mutawaqqif al-ijrâ’) jusqu’au Retour de l’Imam caché, c’est-à-dire, selon la tradition, jusqu’à la Fin des temps (âkhir al-zamân) et l’avènement de l’Imam caché en tant que Mahdî, le Sauveur eschatologique. Cette conception est un des chefs d’accusation constants des auteurs et hérésiographes sunnites qui les soulignent tout particulièrement pour déclarer le caractère hétérodoxe voire hérétique du chiisme.

    Nous envisageons mener notre étude selon un ordre chronologique précis. D’abord, nous examinerons ce qui est dit des « Quatre Préceptes » dans le corpus des dits des Imams, c’est-à-dire en principe pendant la période des Imams historiques eux-mêmes, une période qui recouvre les trois siècles et demi des débuts de l’islam ou plus précisément pendant la période où les premières compilations de hadith-s ont été élaborées, c’est-à-dire pendant les 3e et 4e siècles de l’hégire/9e et 10e siècles de l’ère commune.

   La deuxième période va de la fin de la période des Imams à l’invasion mongole au 7e/13 e siècle. Pendant cette période, principalement marquée par les œuvres des théologiens et juristes des Ecoles de Bagdad et de Hilla (autre ville irakienne), la figure du juriste va progressivement remplacer celle de l’Imam et le vide laissé par l’Occultation va être comblé par l’autorité du savant religieux.

  Une troisième période commence avec l’avènement de la dynastie safavide en Iran et la proclamation dans ce pays du chiisme imamite duodécimain comme religion d’État à partir de 1501 de l’ère commune. Cette époque est marquée par un événement capital : la mise sur pied, par les Chahs safavides, du « clergé » chiite, institution théocratique fortement hiérarchisée qui a pour but de justifier le pouvoir royal et sa politique religieuse. Devenant peu à peu une sorte d’État dans l’État, les grandes figures du clergé vont peu à peu s’attribuer les prérogatives que la Tradition réservait jusque-là exclusivement aux saints Imams et trouver de nouveaux moyens et théories juridiques afin de « réhabiliter » les Quatre Préceptes pour pouvoir les remettre en pratique pendant l’Occultation au nom de l’Imam caché. C’est ainsi que les grands juristes-théologiens de l’époque safavide porteront le titre de « représentant de l’Imam caché » (nâ’ib al-imâm al-ghâ’ib) et auront une autorité religieuse de plus en plus grande en dirigeant les prières collectives, en collectant de nouveau les taxes religieuses, en mettant sur pied les tribunaux religieux et enfin en retrouvant le pouvoir de déclarer la guerre sainte même offensive.

  Une quatrième et dernière période couvre les temps allant du 19e siècle à notre époque. La fin de cette période correspond à la victoire de la Révolution islamique d’Iran et la prise de pouvoir pour la première fois à la tête d’un grand État par le clergé chiite. Il est intéressant d’examiner l’évolution de la perception des Quatre Principes Juridiques jusqu’après l’arrivé au pouvoir des juristes-théologiens dans le seul pays où le chiisme reste religion d’État.

  Il convient d’ajouter que dans ce large panorama, à partir du 6e/12e siècle, deux grandes tendances apparurent parmi les savants religieux et juristes imamites : les Traditionalistes (akhbâriyyûn) minoritaires et les Rationalistes (usûliyyûn) majoritaires. Les premiers restaient fidèles au corpus ancien des dits des Imams et considéraient donc les Quatre Préceptes inapplicables, « en suspens », pendant l’Occultation. Les seconds, héritiers des Écoles de Bagdad et de Hilla, et rompus en même temps à la théologie rationnelle mu’tazilite et à la logique aristotélicienne, cherchaient à substituer l’autorité du juriste à celle de l’Imam et donc remettre en application les Quatre Préceptes. Il va sans dire que cette remise en pratique a des implications politiques, sociales et économiques considérables. Il est intéressant d’étudier comment ces deux grandes tendances au sein de l’histoire du droit chiite se sont comportées l’une envers l’autre et quel a été leur rôle dans les différentes périodes que nous venons de mentionner. Ainsi, nous espérons apporter de nouveaux éléments au dossier de l’évolution de la pensée juridique chiite et, du même coup, mettre en perspective en lui donnant toute sa densité historique, les doctrines qui ont soutenu la révolution islamique iranienne des années 1978-79.

   Un certain nombre de chercheurs ont déjà étudié tel ou tel aspect de l’histoire des Quatre Préceptes religieux. Nous utiliserons avec grand intérêt les travaux érudits d’Etan Kohlberg, de Norman Calder, d’Andrew Newman, de Mohammad Ali Amir-Moezzi et d’autres (surtout quelques chercheurs iraniens) mais à notre connaissance aucune étude d’ensemble n’a encore été consacrée à la totalité de la doctrine juridique des Quatre Préceptes dans ses dimensions historique et doctrinale. Notre Mémoire de Diplôme de l’EPHE, préparé sous la direction de ce dernier, était consacré à un de ces Quatre Préceptes, à savoir le jihâd. Nous comptons incorporer, en la complétant bien entendu, cette étude dans notre thèse et l’articuler avec les trois autres Préceptes. Nous aurons ainsi, probablement pour la première fois et dans une langue occidentale, un ouvrage monographique complet sur les Ahkâm arba’a.

   A travers une telle étude, quelques questions fondamentales peuvent se poser : de quoi le chiisme est-il le nom ? Quelle relation entre la religion de la mystique de l’Imam, de nature ésotérique et initiatique, que l’on trouve dans le corpus ancien des dits des imams historiques (surtout étudiée par M.A.Amir-Moezzi) et la religion de l’autorité du juriste-théologien qui, au bout d’un millénaire d’une histoire mouvementée, a vu la victoire du khomeynisme en Iran ? Qu’est devenu le chiisme originel ? Quelle évolution peut-on déceler dans le chiisme des Rationalistes au pouvoir (cf. les études de C. Arminjon) ?

   A part les études secondaires, nous exploiterons un très grand nombre de sources primaires écrites en arabe et en persan, depuis les plus anciennes compilations de hadith-s duodécimains (écrites en gros entre 850 et 950 de l’ère commune) jusqu’aux écrits théoriques et politiques des penseurs chiites contemporains, en passant par les œuvres des savants de l’Ecole de Bagdad au 4e et 5e/10e et 11e siècle (al-Shaykh al-Mufîd, al-Sharîf al-Murtadâ, al-Shaykh al-Tûsî), ceux de l’École de Hilla aux 6e et 7e /12e et 13e siècles (notamment al-‘Allâma al-Hillî et Ibn Idrîs) et les grandes figures rationalistes et traditionalistes des époques safavide et qâjâr, entre le 16e et le 19e siècle de notre ère. Certains de ces auteurs figurent dans notre bibliographie sommaire qui accompagne ce projet de thèse.

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